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Prix Femmes et médias 2016

 
Photo Binocle
 

Remise des prix Femmes et médias 2016


A l’occasion de la remise des prix Femmes et médias 2016, le 3 mai dernier sur le bateau «Genève», M. François Longchamp, président du Conseil d’Etat, a fait le portrait de la présence des femmes dans les médias et regretté leur sous-représentation.

«La représentation des femmes en politique est inversement proportionnelle à celle que nous constatons dans ce salon. Même le nom du bateau, Genève, est féminin. Dans les assemblées politiques, toutefois, c’est différent.

A Berne par exemple, on compte soixante-quatre conseillères nationales sur deux cents. C’est un progrès en regard de la législature précédente, mais il reste inférieur au tiers: 32%. La Suisse occupe le 36e rang mondial. Il y a évidemment une marge de progression. Dans les cantons romands, le taux est plus faible encore: 26% des parlements sont féminins. Entre 17 et 29% selon les cantons, pas même 30%.

Ainsi, vingt ans après l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur l’égalité, les femmes demeurent sous-représentées en politique. Mais elles le sont aussi dans les médias. Le point commun entre ces domaines, c’est que l’un et l’autre reflètent la société.

Dans les médias suisses, la proportion de femmes journalistes atteint 30%. C’est un peu moins qu’il y a cinq ans. La proportion des rédactrices femmes est encore plus basse dans les rubriques économiques et politiques. Il y a bien sûr des exceptions notoires, par exemple Myret Zaki, Chantal Tauxe, Ariane Dayer ou Elisabeth Eckert. Cependant, comme Michel Audiard l’a fait dire à Jean Gabin dans Le Président: ‹Il y a aussi des poissons volants, mais ils ne constituent pas la majorité de l’espèce›.

Une bonne nouvelle, cependant, nous vient du Centre romand de formation au journalisme et aux médias. En 2015, près de la moitié de ses diplômés sont des femmes. Sur cinquante-six, elles sont vingt-cinq. L’écart, donc, se réduit. La courbe pourrait être inversée.

Sur le plan international, tous les cinq ans, le Projet mondial de monitorage des médias (Global Media Monitoring Project-GMMP) analyse la situation dans une centaine de pays. Pour 2010-2015, il se confirme que les médias parlent davantage des hommes que des femmes, dans une proportion de trois quarts/un quart. En vingt ans, cette proportion s’est améliorée de 7%, mais l’objectif moitié-moitié reste lointain. En Suisse, c’est un peu mieux. Les sujets à thématique féminine non commerciale occupent un tiers de la production. Mais les femmes citées dans les médias sont souvent présentées comme étant sans activité lucrative, alors même que la Suisse connaît, en comparaison mondiale, une part de femmes actives professionnellement supérieure à la moyenne. C’est donc que ces femmes actives, on ne les interroge pas assez. Il est navrant de constater que les seuls sujets dans lesquels la visibilité des femmes est en augmentation sont ceux qui traitent des violences.

(De gauche à droite) M. Pierre-Yves Moret, lauréat du deuxième prix, Mme Nancy Ypsilantis, lauréate du prix spécial «20 ans de la LEg», M. François Longchamp, président du Conseil d’Etat, M. Mohamed Musadak, Mmes Laura Drompt et Dominique Hartmann, lauréat-e-s du premier prix, et Mme Albertine Bourget, lauréate du troisième prix.
Photo M. Faustino

Autre constat: selon le GMMP, les médias électroniques, et notamment les réseaux sociaux, accordent une meilleure place aux femmes que les médias papier. Ce ne serait donc pas une question de support, mais de génération. Si cela se confirmait, il y aurait progrès, pour autant que le journalisme professionnel ne se dilue pas.

L’intérêt de ce troisième prix Femmes et Médias, c’est qu’il permet d’honorer des productions journalistiques qui font avancer le débat et qui contiennent du fond. Je tiens à remercier les membres du jury que Madame Colette Fry, directrice à Genève du bureau de la promotion de l’égalité entre femmes et hommes et de prévention des violences domestiques, va vous présenter. Il nous faut féliciter aussi, par avance, non seulement les lauréats, mais tous les participantes et participants à ce concours. Leur présence témoigne d’un engagement, d’une attention et d’un regard dont la société a besoin et les médias aussi.

Je me réjouis de connaître le palmarès et vous souhaite, à toutes et à tous, une excellente soirée.»

FRANÇOIS LONGCHAMP
Président du Conseil d’Etat


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Les vingt ans de la LEg


L’année 2016 célèbre un double anniversaire: les trente-cinq ans de l’inscription du principe de l’égalité dans la Constitution fédérale et les vingt ans de la LEg.

L’article 4 alinéa 2 de la Constitution fédérale sur l’égalité des droits entre hommes et femmes, adopté en votation populaire le 14 juin 1981 avec 60% ses suffrages, stipule: «L’homme et la femme sont égaux en droit. La loi pourvoit à l’égalité, en particulier dans les domaines de la famille, de l’instruction et du travail. Les hommes et les femmes ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale.»

La loi fédérale sur l’égalité entre hommes et femmes (LEg), entrée en vigueur le 1er juillet 1996, est une loi d’application de l’article constitutionnel. Elle permet de concrétiser ce dernier dans le domaine de la vie professionnelle et de lutter contre les discriminations dans le domaine du travail.

Pour en savoir plus:
www.egalite.ch/femmes-medias

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