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Prestation de serment de l’école de police

 

Photo Service de presse de la police
 

Quarante-cinq policiers ont prêté serment


Quarante-cinq policiers ont prêté serment le 4 mars dernier devant le Conseil d’Etat, sur la promenade de la Treille. Cette traditionnelle cérémonie est le point d’orgue d’un enseignement dispensé durant un an à l’ensemble des aspirants au centre de formation de la police. Après obtention du brevet fédéral de policier, ces nouveaux agents ont intégré dès le lendemain les divers postes et brigades du canton, au service de la population. A l’occasion de cette assermentation, M. Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé du département de la sécurité et de l’économie, a rappelé le sens de l’engagement qu’ils venaient de prendre.

«Pour la sixième fois consécutive m’est donnée l’opportunité de vous porter le message du gouvernement de la République et canton de Genève. Un message qui ne dérogera pas à la tradition, pour souligner d’abord que cette journée est particulière à plus d’un titre. Pour vous évidemment, Mesdames et Messieurs, qui confirmez par votre prestation de serment votre entrée dans le corps de police, qui représente l’aboutissement d’un parcours exigeant d’une année de formation. Pour vos instructeurs et vos familles également, qui ont contribué à ce que cette première année au service de l’Etat de Genève, dans le cadre de votre formation, se passe bien. C’est donc un aboutissement mérité et attendu, pour lequel je tenais à vous remercier.

Cette journée est aussi particulière parce qu’elle permet de rassembler sur cette promenade de la Treille, et de façon très symbolique, les représentants des différents pouvoirs: le Conseil d’Etat, qui vous fait face; le Grand Conseil, représenté ici par son président; enfin, le pouvoir judiciaire, représenté par le procureur général, qui joue évidemment un rôle majeur dans le cadre de la sécurité que nous souhaitons tous pour notre canton.

Je salue également les représentants municipaux, fédéraux – en particulier les administrations fédérales des douanes et des gardes-frontière – ainsi que des autres cantons.

Je tiens à remercier tout particulière­ment les représentants de la République française, le procureur général et la Cour d’appel de Chambéry. Cette présence matérialise le renforcement de nos liens avec la région transfrontalière, sous l’angle de la police, mais aussi sous l’angle de la justice. Toutes les personnes ici rassemblées sont non seulement des témoins, mais aussi des acteurs de notre République, et cette cérémonie est l’occasion de rappeler quelques-unes des valeurs qui fondent celle-ci.


M. Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé du département de la sécurité et de l’économie.
Photo Service de presse de la police

J’ai coutume de considérer, avec mes collègues, que de nous rassembler deux fois par an sur la promenade de la Treille est l’occasion de réaffirmer ces valeurs. La République s’incarne, certes, deux fois par année, mais elle s’incarne à travers vous notamment tout au long de l’année. Je disais tout à l’heure que c’est la sixième fois que j’ai l’occasion de délivrer un message lors d’une prestation de serment de policiers. Cette année, le contexte est un peu particulier, parce que le quotidien nous expose et vous expose davantage. Vous êtes, ces jours-ci, sur tous les fronts. Ce quotidien qui nous rattrape avec les attentes élevées de la population, c’est notamment la place de la Genève internationale qui le rappelle, le service que vous produisez à l’endroit, par exemple, de la session ordinaire du Conseil des droits de l’homme, le service accompli dans le cadre des négociations compliquées sur le nucléaire iranien, avec la présence ici à Genève du secrétaire d’Etat américain John Kerry et de ses homologues russe et iranien, sans parler du Salon de l’auto. Toutes ces manifestations qui, disons-le franchement, ne pourraient pas avoir lieu s’il n’y avait pas un engagement total de la part de notre corps de police. A cet égard, je veux vous transmettre ici la gratitude du Conseil d’Etat.

Le contexte est particulier cette année aussi pour une autre raison, que vous devinez. Elle est assez tragique. Ce sont les événements qui ont marqué le début de l’année à Paris, puis à Copenhague, et qui ont vu certains de vos collègues tomber au champ d’honneur, pris pour cible dans l’exercice de leur fonction. Ce qui m’amène à dire ici, aujourd’hui, à quel point la fonction que vous occupez et la vocation que vous avez embrassée sont importantes, et importantes les responsabilités qui pèsent sur vos épaules. Ce contexte particulier, qui amène la population à s’interroger sur les circonstances dans lesquelles on prend aujourd’hui les policiers pour cible, doit nous conforter dans l’idée que la République s’incarne aussi à travers la police.

Mesdames et Messieurs, vous êtes les garants d’un climat social propice à l’ordre et aux libertés. C’est à cet égard que la police ne peut et ne pourra jamais incarner le désordre. Elle incarne par définition l’ordre, et c’est cet ordre que nous souhaitons tous, dans l’esprit du serment que vous venez de prêter.

Permettez-moi de m’attarder quelques instants sur ce serment. Ce serment est un engagement vis-à-vis de votre employeur, l’Etat, et de l’ensemble de la collectivité. Un engagement qui va dans le sens de la République. Je relève les trois éléments suivants, dont j’aimerais que vous vous souveniez tout au long de votre carrière: la République, c’est un combat; la République, c’est un contrat; la République, c’est une vision.

Un combat d’abord, parce que c’est à travers votre dévouement, mais aussi votre fermeté en toutes situations, en toutes circonstances, que vous rappellerez que cette République n’est jamais définitivement acquise. Aujourd’hui, elle est menacée par des coups de boutoir et d’aucuns s’échinent, çà et là, à stigmatiser certaines catégories de population, alors que les vulnérabilités se développent et que notre population a des attentes toujours plus fortes et revendiquées en matière de lutte contre les inégalités. La République, c’est un combat qui ne souffre pas de discussion. Il faut se montrer intraitable, il faut poser des limites et ensuite les faire respecter. Là n’est pas la moindre de vos missions.


Quarante-cinq policiers – vingt-neuf gendarmes (neuf femmes et vingt hommes) et seize inspecteurs de police judiciaire (neuf femmes et sept hommes) – ont prêté serment le 4 mars dernier devant le Conseil d’Etat.
Photo Service de presse de la police

La République, c’est un contrat, c’est là le vrai sens de votre engagement. Vous vous engagez vis-à-vis du Conseil d’Etat, par un contrat dans lequel on peut signifier que la sécurité, qui en est l’objectif, dépasse le strict cadre policier. Le Conseil d’Etat l’a dit et le redit: la sécurité forme un tout. C’est une chaîne et c’est précisément, non seulement à travers la police, mais à travers d’autres acteurs qui, petit à petit, complètent cette chaîne, que nous arriverons à remplir les termes du contrat. Nous savons que le prix à payer pour la prospérité de notre canton est élevé. Qu’il passe aussi par un investissement de l’Etat. Je souligne à cet égard que nous sommes particulièrement contents de voir devant nous aujourd’hui quarante-cinq nouvelles agentes et nouveaux agents. D’aucuns laissaient imaginer, il y a quelques semaines, que nous ne voulions pas remplir les termes du contrat s’agissant de l’investissement de l’Etat; je crois que nous en avons aujourd’hui un puissant démenti. Ce contrat, c’est aussi le pacte social que nous faisons entre les différentes composantes de notre communauté genevoise. Vous l’incarnez, notamment à travers vos patronymes, qui témoignent d’une diversité réelle que nous choyons à Genève.

Et puis, au-delà du combat et du contrat, la République, c’est une vision: la vision politique du Conseil d’Etat, votre patron, qui vous dit dans quelle direction aller. Ce sont des valeurs que vous devrez défendre et incarner, notamment la laïcité, la recherche de l’égalité, le civisme, la responsabilité. Par votre action ces prochaines années, vous continuerez de matérialiser la confiance entre les autorités et la population à travers ce rôle de médiation que vous incarnez si bien dans vos différentes fonctions. Plus la société sera policée, moins elle sera policière. Et vous jouez un rôle déterminant dans cette vision, qui est celle du Conseil d’Etat de créer ici, à Genève, les conditions de cohésion sociale, surtout dans les temps difficiles que nous traversons, pour permettre véritablement de trouver confiance en l’avenir.

En conclusion, je vous rappellerai les termes du discours de Saint-Pierre qui fondent cette législature. Il s’agit pour nous de permettre à chacun de trouver sa place. Une place pour chacun et chacun à sa place, y compris pour la police genevoise. Voilà l’objectif que nous nous assignons à travers ces valeurs républicaines que je rappelais tout à l’heure. Mesdames et Messieurs, vous incarnez la police du futur, celle qui connaît déjà et qui va connaître davantage encore de changements dans les années à venir. Cette police du futur, c’est pour vous et avec vous que nous y travaillons. Nous voulons à Genève une police qui nous ressemble et une police qui nous rassemble, dans l’état d’esprit qui doit être le sien et qui l’a toujours été: celui de servir et de protéger.

Puissiez-vous, Mesdames et Messieurs, trouver dans votre noble et exigeante fonction l’accomplissement de l’engagement que vous venez de prendre.

Vive la police genevoise, vive la République et canton de Genève!»

PIERRE MAUDET
Conseiller d’Etat chargé du département de la sécurité et de l’économie

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