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Solidarité internationale à Genève: état des lieux

 
© SSI
 

État des lieux de la politique genevoise en matière de solidarité internationale


Dans le cadre du point de presse du Conseil d’Etat du mercredi 17 juin dernier, son président, M. François Longchamp, a présenté une étude mandatée par le département dont il a la charge auprès de deux chercheurs de l’Université de Genève sur l’action des collectivités publiques genevoises dans le domaine de la solidarité internationale.

«La solidarité internationale fait partie l’ADN de Genève», a souligné le président du Conseil d’Etat. La solidarité internationale est en effet une spécificité genevoise, ancrée dans la loi. Le 4 octobre 2001, le Grand Conseil de la République et canton de Genève a adopté la loi sur le financement de la solidarité internationale (LFSI). La nouvelle constitution de la République et canton de Genève, entrée en vigueur le 1er juin 2013, stipule par ailleurs, en son article 146, que l’Etat «mène une politique de solidarité internationale soutenant la protection et la réalisation des droits de l’homme, la paix, l’action humanitaire et la coopération au développement.»

Désireux de mesurer l’engagement des collectivités publiques genevoises en faveur du développement dans les pays du Sud, le canton de Genève a ainsi mandaté en 2013 deux chercheurs de l’Université de Genève pour établir un état des lieux sur la politique de solidarité internationale du territoire. Pour ce faire, des données concernant l’année 2013 ont été recueillies auprès de quarante communes genevoises, de la Fédération genevoise de coopération (FGC) et du canton.

Un engagement unique en Suisse
Les résultats de cette étude, disponible sur le site Internet du service de la solidarité internationale (www.ge.ch/solidarite-internationale/actualites/2014-2015.asp) sont étonnants. Ils mettent en avant le fort ancrage de la solidarité internationale à Genève, tant au niveau communal que cantonal. En ce sens, la solidarité internationale s’affiche comme l’un des principaux outils de promotion de la Genève internationale. Cet engagement unique en Suisse s’explique en partie par le fait qu’en plus du canton, toutes les communes genevoises sans exception consacrent une partie de leur budget de fonctionnement à la solidarité internationale.

On distingue quatre types d’acteurs de la solidarité internationale: les gros contributeurs (canton, Ville de Genève, FGC), les communes urbaines, les petites communes avec de gros budgets, les communes rurales avec plus faibles budgets. Les subventions sont octroyées à des associations qui mettent en œuvre des projets solidaires dans des pays en développement. Cet état des lieux a aussi permis d’observer une certaine complémentarité entre l’action des différents acteurs genevois impliqués dans ce domaine. Des mécanismes de coordination existent, favorisant ainsi le partage d’informations entre acteurs. Une partie importante des budgets transite par la Fédération genevoise de coopération (FGC), qui reçoit des financements du canton, de la Ville et de plusieurs communes genevoises.

M. François Longchamp, président du Conseil d’Etat, le 17 juin dernier lors de la présentation à la presse de l’état des lieux de la solidarité internationale à Genève.
Photo M. Di Matteo

En termes statistiques, les collectivités publiques genevoises ont consacré 28,02 millions de francs en 2013 pour soutenir des projets de solidarité internationale. Cette somme représente près de la moitié (46%) de la contribution cumulée de tous les cantons et communes suisses à l’aide publique au développement. Le seuil de 0,7% du budget de fonctionnement – fixé dans la loi sur le financement de la solidarité internationale – est atteint dans près de la moitié des communes genevoises.

Cologny, palme d’or de la solidarité
En pourcentage, Cologny remporte la palme d’or de la solidarité, avec un taux de 1,2%, suivie de près par Vandœuvres, avec 1,07%. On trouve ensuite cinq communes ayant consacré 1% de leur budget au financement de la solidarité internationale en 2013: Bardonnex, Carouge, Meyrin, Presinge et Puplinge. Suivent Plan-les-Ouates (0,9%), Choulex et Genthod (0,8% chacune), juste avant les douze communes qui s’établissent au seuil légal de 0,7% (Anières, Bellevue, Bernex, Chêne-Bougeries, Chêne-Bourg, Collonge-Bellerive, Confignon, Grand-Saconnex, Laconnex, Lancy, Onex et Pregny-Chambésy).

Si le canton – à l’instar des vingt-trois communes, dont la ville de Genève, qui composent la seconde moitié de ce classement – se situe en-deçà de cet objectif avec un taux établi à 0,23%, M. Longchamp souligne que le financement de la solidarité internationale est lié à la situation budgétaire globale de l’Etat. Il appelle par ailleurs à une certaine prudence quant aux éléments pris en compte dans le calcul de ce taux, estimant qu’une lecture «corrigée» place l’effort du canton plutôt aux alentours de 0,4%.

Par ailleurs, on constate que le canton de Genève a malgré tout alloué à lui seul, en 2013, une somme de 16,42 millions de francs à la solidarité internationale, ce qui représente plus de trois fois la contribution de la Ville de Genève, second plus important pourvoyeur de fonds avec un montant 5,45 millions de francs, et près de la moitié de la somme totale allouée par l’ensemble des collectivités publiques genevoises.

Besoins en augmentation
Au total, 960 financements ont été répertoriés en 2013, alloués à 367 entités bénéficiaires, de l’association de collégiens à Terre des Hommes, en passant par Médecins sans frontières ou encore le CICR.

Ce dernier apparaît comme le principal bénéficiaire de la solidarité internationale genevoise, avec un montant de 4,5 millions de francs attribué en 2013. «L’organisation a vu ses opérations multipliées par dix au cours des quinze dernières années, avec une augmentation de son budget en conséquence», note François Longchamp.

Soulignant le destin commun qui unit Genève à l’organisation qui a fêté ses 150 ans l’an dernier, le président du Conseil d’Etat a en outre rappelé que le canton est le plus gros contributeur public suisse du CICR. Son soutien se traduit en l’occurrence par cette aide financière unique, sans attribution particulière à un projet ou à une région géographique déterminée.

(De gauche à droite) M. Etienne Cottier, civiliste au service de la solidarité internationale (SSI), M. Thomas Pizer, président de l’association Aquaverde, Mme Maria Jesus Alonso Lormand, directrice du SSI, le chef Almir Surui, en visite au SSI le 3 juillet dernier, M. Nicolas Kerguen, chargé de projets au SSI, et M. Julio Surui, chef du clan Makor, l’un des quatre clans formant le peuple Surui, qui vit dans l’Etat de Rondonia au Brésil.
© Photo SSI

La coopération au développement est de loin le domaine de financement le plus important (près de 70% des projets), devant l’aide humanitaire (12%). L’aide à l’éducation est le principal secteur d’activité (29%), devant la santé (14%). La principale destination de l’aide est l’Afrique (46%), devant l’Asie et l’Amérique latine (19%).

Les petites et moyennes communes financent principalement des projets de coopération au développement et d’aide humanitaire. Les autres domaines, comme la promotion de la paix ou la défense des droits humains, sont principalement financés par le canton et la Ville de Genève. Les financements de projets des plus grands acteurs ne sont toutefois pas cumulatifs, la Ville de Genève et le canton finançant ainsi très peu de projets en commun.

Indispensable complémentarité
Si les acteurs de la solidarité internationale sont nombreux, leur collaboration est essentielle. Lors de la présentation aux médias du 17 juin dernier, Mme Marie Jesus Alonso Lormand, directrice du service de la solidarité internationale, a tenu à souligner cette complémentarité existant entre les différentes collectivités publiques, en particulier au niveau des petites communes. Celles-ci sont en effet à l’origine de démarches très positives, en faveur d’un projet particulier ou à destination d’une région géographique à laquelle serait spécialement attaché l’un de ses habitants, et qui bénéficient ainsi parfois d’un soutien suivi sur plusieurs années.

Reste que la solidarité internationale n’est pas l’apanage des collectivités publiques. On ne saurait en effet ignorer la contribution d’organismes parapublics tels que les Hôpitaux universitaires de Genève ou les Services industriels de Genève, pas davantage que celle des nombreuses fondations privées actives dans le domaine.

Un point que tient à rappeler le président du Conseil d’Etat. «Institutions publiques et privées sont appelées à travailler ensemble. C’est ainsi que nous agissons contre les inégalités socio-économiques, la discrimination et l’exclusion. Et c’est ainsi que nous traduisons une vision de l’éthique et de la responsabilité au XXIe siècle: en travaillant conjointement», a-t-il souligné, en préambule au rapport annuel 2014 de la solidarité internationale du canton de Genève, paru quelques jours avant la présentation publique de cet état des lieux.

Département présidentiel

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L’étude «Etat des lieux de la solidarité internationale à Genève» et le rapport annuel 2014 «La solidarité internationale du canton de Genève» sont consultables sur le site Internet du service de la solidarité internationale: www.ge.ch/solidarite-internationale.
Le rapport 2014 est également disponible sous format papier.
Tél. 022 388 15 40,
e-mail: si-secretariat@etat.ge.ch

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