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Ethnopoly à Saint-Gervais

 
Photo J.-P. Di Silvestro
 

Un jeu de l’oie grandeur nature pour faciliter le dialogue interculturel


La 16e édition du jeu Ethnopoly s’est déroulée le 14 juin dernier autour des deux écoles primaires du Seujet et de Necker, à Saint-Gervais. Plus de 200 élèves ont parcouru leur quartier, tel un plateau de jeu grandeur nature, pour aller à la rencontre des habitants, des associations, des commerçants et artisans. Ce projet, soutenu par le département de l’instruction publique, de la culture et du sport, le département de la sécurité et de l’économie et le département de la cohésion sociale et de la solidarité de la Ville de Genève, permet de faire découvrir aux élèves la richesse culturelle de leur environnement et contribuer ainsi à améliorer le climat scolaire.

Encadrés de quarante-huit accompagnants, les équipes d’enfants ont pu se rendre dans une trentaine de familles et dans une quinzaine de lieux associatifs ou chez des commerçants (dont le temple et le théâtre de Saint-Gervais, le club des aînés du Seujet, le BFM, etc.). Les activités proposées à chaque étape étaient très diverses, allant des techniques de portage des bébés au Sénégal aux mythes des vampires en Roumanie, en passant par les Vikings danois et la biodiversité brésilienne.

La journée s’est terminée par un lâcher de ballons, une cérémonie officielle et une grande fête au Palladium en présence de Mmes Anne Emery-Torracinta, conseillère d’Etat chargée du département de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP), Esther Alder, conseillère administrative de la Ville de Genève chargée du département de la cohésion sociale et de la solidarité, et de M. André Castella, délégué à l’intégration au département de la sécurité et de l’économie (DSE). Mme Emery-Torracinta a souligné l’exemplarité de ce projet: «Il y a derrière Ethnopoly des valeurs extrêmement importantes, qui permettent de rappeler les différences qui font la richesse de Genève. Au contraire du Monopoly où l’on cherche à ruiner les autres il s’agit ici de retenir que ce qui a fait la force de Genève dans son histoire, ce sont les étrangers, c’est la diversité.» La magistrate a rappelé aux enfants que la Mère Royaume, symbole de l’Escalade, était une réfugiée lyonnaise persécutée dans son pays pour sa religion. «Ce qui est la spécificité de notre canton, c’est la différence, c’est la pluralité, et c’est ce que nous devons saluer dans ce projet. Il faut également relever que la particularité de ce projet est d’être né de la volonté des acteurs du terrain et d’avoir été construit ensemble avec les collectivités publiques, les parents et les enseignants.»

Mme Esther Alder est revenue sur le soutien de la Ville de Genève: «Il faut le dire tout haut: Ethnopoly est un projet simple et ambitieux. Simple pour les enfants, qui peuvent découvrir à travers le jeu la diversité culturelle de leur quartier. Ambitieux car il permet aux familles, aux associations et aux artisans de faire connaître leurs réalités et leurs traditions et de battre ainsi en brèche certains préjugés. Le projet est donc triplement positif: au plan individuel, familial et social. Les participants apprennent à se connaître, à connaître le quartier, «leur» ville. Tous les partenaires s’ouvrent les uns aux autres et apprivoisent les réalités de chacun.»

(De gauche à droite) Mmes Mélina Melcore, directrice de l’établissement Seujet-Necker, Esther Alder, conseillère administrative de la Ville de Genève chargée du département de la cohésion sociale et de la solidarité, Christina Kitsos, attachée de direction chargée des affaires migratoires au département de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP), Anne Emery-Torracinta, conseillère d’Etat chargée du DIP, et M. André Castella, délégué à l’intégration au département de la sécurité et de l’économie.
Photo F. Grobet

La directrice de l’établissement Seujet-Necker, Mme Mélina Melcore, a relevé les étapes importantes de préparation du jeu: «Sa naissance, issue de la volonté de l’équipe enseignante de créer une collaboration entre les acteurs du quartier et l’école dans le but de développer le mieux vivre ensemble; son élaboration, par une commission formée d’une poignée d’enseignants extrêmement motivés et de partenaires essentiels tels que les unités d’action communautaire, les associations Le Terreau et celle de parents d’élèves du Seujet et de Necker, le Groupement intercommunal pour l’animation parascolaire, Ethnopoly Suisse et la Ville de Genève, qui a contribué financièrement, mais aussi en octroyant la gratuité de toutes les infrastructures utilisées; et enfin sa concrétisation, par la concertation des élèves dans le cadre du conseil d’école pour le choix d’un logo qui symbolise cette manifestation, par la confection de pancartes et bricolages du monde entier sous la houlette de l’enseignante d’arts visuels, par des échanges réguliers, animés et constructifs entre tous les partenaires et un travail collaboratif avec les habitants et les commerçants du quartier.»

M. André Castella, délégué à l’intégration, qui représentait le conseiller d’Etat Pierre Maudet, chargé du DSE, a insisté sur le soutien du bureau de l’intégration des étrangers à ce type d’événements: «Quelle que soit votre nationalité, votre religion, que vous soyez jeune ou ancien, ce que nous sommes ensemble, ce soir, c’est le visage de Genève. Vous avez réveillé ce visage en allant à la rencontre des autres pour mieux les connaître.»

Un concept reposant sur le partenariat
L’Ethnopoly organisé à Seujet-Necker est la 16e édition à Genève sur un total de trente-deux projets en Suisse. Il faut saluer l’effort des écoles genevoises puisque la moitié des jeux Ethnopoly ont eu lieu dans notre canton! Le jeu se construit en partenariat avec les associations de parents, les directions d’école, le personnel enseignant, les différents acteurs du quartier. Il a pour but de promouvoir des valeurs telles que le respect et l’ouverture afin de faciliter le dialogue interculturel. Ethnopoly a été développé par l’association Katamaran à Berne; il fonctionne aujourd’hui grâce à une association indépendante. Le premier jeu a été organisé à Zoug en 2001. A Genève, ce sont les Avanchets qui ont concrétisé en premier lieu le projet et plusieurs communes genevoises se sont impliquées depuis: la Ville de Genève, Meyrin, Carouge, Plan-les-Ouates et Lancy.

Comme jeu, Ethnopoly se base sur le concept pédagogique de l’éducation non-formelle: on crée, dans un cadre particulier et ludique, les conditions d’un apprentissage personnel riche d’une grande diversité d’événements. Souvent la migration, l’intégration et même la pluralité culturelle sont des concepts perçus de manière assez négative. La violence, le racisme et la criminalité sont des thèmes présents dans les médias. Le jeu Ethnopoly mise sur les émotions, les images positives et les rencontres personnelles.
Les objectifs principaux du jeu sont les suivants :
•  créer et renforcer le lien entre l’école et son environnement en réunissant les différents acteurs du quartier autour d’un projet interculturel; faciliter l’intégration des familles dans l’école et le quartier;
•  valoriser l’enfant dans sa culture et créer un environnement harmonieux pour ses apprentissages en favorisant une meilleure intégration de tous;
•  mettre les enfants en contact avec la richesse des différents métiers, organisations et associations présents dans le quartier;
•  offrir aux enfants un complément concret au travail fait dans l’établissement autour des différentes cultures présentes dans l’établissement.

Pour plus d’informations:
www.ethnopoly.ch

Département de l’instruction publique, de la culture et du sport
Département de la sécurité et de l’économie

Concours de dessin : l’école primaire s’engage contre le racisme

Dans le cadre de la huitième semaine d’actions contre le racisme et à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) Genève, en partenariat avec le département de l’instruction publique de la culture et du sport (DIP) et le bureau de l’intégration des étrangers, rattaché au département de la sécurité et de l’économie (DSE), a lancé en mars dernier le concours «Dessinons ensemble contre le racisme!» pour les élèves de 7P (10-11 ans) de toutes les écoles primaires du canton de Genève.

Ce concours s’adressait à l’ensemble d’une classe, pour créer collectivement un dessin. Par le biais de la création artistique, l’objectif était de sensibiliser les enfants pour lutter contre le racisme et toutes les formes de discrimination ou d’exclusion. Chaque classe inscrite a ainsi eu la possibilité d’échanger et d’ouvrir un espace de discussion afin de pouvoir ensuite construire son projet. Le jury était composé de personnes représentant la LICRA Genève, le DIP, la Haute école d’art et de design (HEAD), ainsi qu’un graphiste indépendant. Dix classes ont participé au concours, soit 193 enfants.

Exposition et remise de prix
Une exposition de toutes les réalisations ainsi qu’un vernissage public et une remise de prix ont eu lieu le 11 juin dernier à la salle communale de Plainpalais. M. Pierre Weiss, président de la LICRA Genève, et Mme Anne-Laure Zeller, secrétaire générale, ont tenu à souligner l’importance de cette collaboration: «Ce concours a permis de réunir les deux moyens les plus efficaces de lutte contre le racisme: l’éducation et le débat. Plus la prise de conscience est précoce et peut être promue par un travail de sensibilisation auprès des enfants, par une éducation en famille ou à l’école, par des échanges et des débats, plus on pourra espérer voir grandir et se construire des individus intègres, qui sauront défendre le respect et la dignité que tout être humain, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, est en droit de recevoir. C’est pourquoi nous espérons rééditer cet essai, si possible sur une base annuelle, et voir chaque année plus de classes y participer.»


(De gauche à droite) M. Jean-Pierre Greff, directeur de la la Haute école d’art et de design Genève, Mme Anne-Laure Zeller, secrétaire générale de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) Genève, M. André Castella, délégué à l’intégration, département de la sécurité et de l’économie, M. Pierre Weiss, président de la LICRA Genève, et Mme Christina Kitsos, chargée des affaires migratoires, département de l’instruction publique, de la culture et du sport.
Photo G. Chardonnens

Mme Christina Kitsos, attachée de direction chargée des affaires migratoires au DIP, a relevé la multi-culturalité genevoise: «L’école compte 160 nationalités différentes et pour 42% des élèves, les parents déclarent une autre langue que le français comme première langue parlée. Le DIP doit ainsi continuellement s’adapter à une population étrangère d’une grande hétérogénéité. Malgré la grande richesse des histoires migratoires à Genève, le racisme reste présent dans tous les milieux et les inégalités continuent de se multiplier. Il appartient notamment à l’école, véritable vecteur d’intégration, d’assurer l’égalité des chances sans distinctions, tout en valorisant les langues et les cultures d’origine. Pour que chaque élève puisse accéder à toutes les facettes de la citoyenneté, l’école ne dispense pas seulement des connaissances, mais aussi des valeurs, comme l’explicite notamment le plan d’études romand. En effet, l’éducation est un levier fondamental pour combattre toutes les formes de discrimination ou d’exclusion, comme le racisme, et créer ainsi un climat scolaire favorable aux apprentissages dans la perspective du mieux vivre ensemble.»

M. André Castella, délégué à l’intégration des étrangers, a quant à lui évoqué le soutien du bureau de l’intégration des étrangers à de nombreuses initiatives de prévention du racisme et des discriminations telle que celle mise sur pied par la LICRA: «L’éducation est probablement l’une des meilleures manières de faire réfléchir et de sensibiliser à la problématique, et ce dès la petite enfance. A notre avis, de tels projets, en se multipliant dans les salles de classes ou dans les préaux des écoles, sont les meilleurs garants que l’histoire – tragique pour celles et ceux qui ont souffert de racisme – ne se répète pas.»

Département de l’instruction publique, de la culture et du sport
Département de la sécurité et de l’économie


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Les lauréats

1er prix:  Ecole du Grand-Salève, 6P, Veyrier - un voyage d’étude à Neuchâtel pour visiter une exposition au Musée d’ethnographie de Neuchâtel, avec visite guidée.
2e prix:
Ecole des Allières, 7P - un livre pour chaque élève.
3e prix:  Ecole de Pâquis-Centre, 7P - un assortiment de matériel de dessin pour chaque élève.

Abonnement

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