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La FIPOI a 50 ans

 
Photo Les Studios Casagrande
 

La Fondation des immeubles pour les organisations internationales a fêté ses 50 ans


La Fondation des immeubles pour les organisations internationales (FIPOI) a cinquante ans cette année. A l’occasion de cet anniversaire, qui a été célébré le 20 novembre dernier au Bâtiment des forces motrices à Genève, M. François Longchamp, président du Conseil d’Etat, a rappelé les liens qui unissent la FIPOI et la Genève internationale et retracé l’histoire de la fondation.

«Si “l’existence précède l’essence”, comme le disait Jean-Paul Sartre, alors il faut construire des bâtiments. Si, par ailleurs, Genève subit “l’étrange aventure de se transformer en symbole”, comme l’écrivait Robert De Traz, alors il faut entretenir ce statut. De quoi Genève est-elle le symbole? De paix, bien sûr. De coopération multilatérale. De négociation. D’action humanitaire. De régulation. Autant d’activités vitales ayant besoin de toits pour s’épanouir.

L’essence de Genève, c’est sa vie internationale.

En philosophie, l’essence est la nature intime d’un être ou d’une chose. En parfumerie – une autre spécialité genevoise –, on sait toutefois que l’essence est volatile. Il faut contenir son évaporation. Concrètement, pour la retenir, il faut penser aux flacons et aux écrins.

“Vous êtes libres, choisissez, c’est-à-dire inventez!”, ajoutait Sartre. Eh bien c’est exactement ce qu’ont fait le canton de Genève et la Confédération suisse. Ils ont construit des flacons et aménagé l’écrin.

Aujourd’hui, d’aucuns estiment que la Genève internationale que nous aimons et soutenons est éternelle. Or, comme toute réalisation humaine, elle est fragile, friable, combustible. Elle demande de l’attention. On oublie d’ailleurs qu’elle a failli disparaître au sortir de la Seconde guerre mondiale. Cela vaut la peine d’être rappelé, car l’histoire mène à la FIPOI.

D’abord, le Bureau international du travail, installé à Genève en 1919, aurait pu ne pas revenir du Canada, où il s’est exilé durant le conflit. Ensuite, la Société des Nations était à ce point paralysée, en 1940, que personne n’envisageait alors qu’elle puisse avoir la moindre postérité. Enfin, en 1945, quand les Etats ont créé l’Organisation des Nations Unies (ONU), ils l’ont installée à New York, car la Suisse n’intéressait personne au sortir de la guerre.

M. François Longchamp, le 20 novembre dernier au Bâtiment des forces motrices.
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Or, à New York, en 1945, aucune infrastructure ne permettait d’accueillir l’ONU. La construction du siège allait débuter en 1947 et se terminer en 1951. C’est cela qui a conduit l’ONU à se développer à Genève, qui disposait d’un avantage majeur: le bâtiment! Le Palais des Nations, ce géant, prêt à l’emploi... C’est le Palais des Nations qui a permis l’essor de la Genève internationale moderne.

Ainsi, l’existence a-t-elle précédé l’essence.

En 1950, cinq organisations internationales se trouvaient à Genève et la FIPOI n’existait pas. Elles sont aujourd’hui vingt-et-une. En 1950, on comptait une poignée d’organisations non gouvernementales. Aujourd’hui, elles sont plusieurs centaines.

Dès 1964, la FIPOI a favorisé ce développement. Le résultat permet de mesurer le caractère visionnaire et la ténacité de ceux qui l’ont imaginée.

Récemment encore, en marge de l’agrandissement de l’Organisation mondiale du commerce, on a vu combien politique locale et stratégie internationale peuvent étrangement s’imbriquer, à Genève. Il n’en était pas autrement dans les années 1960.

L’idée d’une structure immobilière pilotée par la Confédération et le canton, capable d’octroyer des prêts et pouvant garantir à Genève la maîtrise de ses terrains et de son urbanisme, a surgi des réflexions. Mais c’était sans compter une certaine xénophobie ambiante. Il y a eu référendum. Le 4 avril 1965, les citoyens genevois autorisaient clairement le canton à participer au capital de la FIPOI. Le peuple de Genève confirmait ainsi son attachement aux institutions internationales, comme il avait soutenu l’adhésion de la Suisse à la Société des Nations en 1920, l’installation du CERN en 1953, l’adhésion de la Suisse à l’ONU en 2002 et l’extension de l’OMC en 2009.

Mesdames et Messieurs, la FIPOI matérialise une volonté. “Matérialise”, au sens propre. Entre 1966 et 1980, elle a permis l’inauguration des bâtiments de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Organisation internationale du travail (OIT), de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), de l’Union internationale des télécommunications (UIT), du Centre international de conférences de Genève, du centre administratif de Varembé et du nouveau bloc E de l’ONU.

(De gauche à droite) L’ambassadeur Alexandre Fasel, représentant permanent de la Suisse auprès de l’ONU et des autres organisations internationales à Genève, vice-président de la FIPOI, M. François Longchamp, président du Conseil d’Etat et président de la FIPOI, et M. François Reinhard, directeur de la FIPOI.
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Tout ce qui vit, tout ce qui bouge, tout ce qui se conçoit dans la Genève internationale a bénéficié de la FIPOI. Action humanitaire, migrations, commerce, propriété intellectuelle, environnement, réfugiés, relations parlementaires, activité diplomatique, recherche scientifique.

Qu’il me soit permis de remercier ici les partenaires de la fondation, ses collaboratrices et collaborateurs. Et de saluer aussi ses directeurs successifs: François Peyrot, Pierre Piguet, Michel Constantin, Pierre Gilliot et aujourd’hui François Reinhard.

Qu’il me soit permis de souligner une fois encore, au nom du Conseil d’Etat, l’excellence de la collaboration avec la Confédération. Sans la Suisse, la Genève internationale ne serait pas ce qu’elle est. Merci au Conseil fédéral de l’avoir réaffirmé, hier1 et avec ardeur. Merci au Département fédéral des affaires étrangères, bien sûr, et notamment à la Mission suisse, que personnifient les ambassadeurs Alexandre Fasel et Amadeo Perez. Mais merci aussi à l’Administration fédérale des finances et à l’Office fédéral de la construction et de la logistique, tous deux représentés dans les organes décisionnels de la fondation.

Le travail se poursuit. Rien n’est jamais achevé. Entre 2015 et 2020, l’OIT va rénover son bâtiment, l’OMS, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge, l’UIT et le Conseil œcuménique des Eglises vont construire de nouveaux locaux; le périmètre du Jardin des Nations va connaître, en termes d’accès et de mobilité, une véritable révolution, la tour des Feuillantines sortira de terre et l’on rénovera le Palais des Nations.

La Genève internationale a de beaux jours devant elle. Elle offre à notre pays, la Suisse, une capacité d’influencer les débats de notre temps. Elle offre au reste du monde un lieu unique de discussions multilatérales, de paix, de résolutions des conflits et des enjeux de notre planète. Et c’est à cela aussi, de manière déterminante, que contribue la FIPOI.»

FRANÇOIS LONGCHAMP
Président du Conseil d’Etat


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1 Ndlr: mercredi 19 novembre 2014.

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La FIPOI, au service de la Genève internationale


Située 9-11, rue de Varembé dans ses propres locaux, au cœur du quartier des organisations internationales, la Fondation des immeubles pour les organisations internationales (FIPOI) est une institution de droit privé sans but lucratif, créée le 11 décembre 1964 par la Confédération et le canton de Genève.

La FIPOI a pour mission de mettre à disposition des organisations internationales (OI) les infrastructures immobilières nécessaires à leur activité. A ce titre, elle offre de nombreuses prestations destinées à faciliter le développement des activités des OI à Genève: elle recherche des locaux et des sites pour des organisations souhaitant s’implanter à Genève ou s’y développer, finance par des prêts la plupart des constructions ou rénovations des bâtiments de siège des OI, conseille et accompagne les projets des organisations qui ne possèdent pas toujours les structures nécessaires à la conduite de grands projets immobiliers. Egalement propriétaire d’immeubles, la FIPOI gère et loue à des conditions avantageuses des surfaces administratives aux organismes internationaux, aux organisations non gouvernementales et aux représentations diplomatiques.

Par ailleurs, la FIPOI se charge de l’organisation des conférences internationales au Centre international de conférences de Varembé et au Centre international de conférence de Genève. Celui-ci reçoit environ 40 000 délégués par an et met sur pied quelque 250 événements annuels.

La FIPOI exprime concrètement la politique d’Etat hôte de la Confédération suisse et du canton de Genève.

La FIPOI emploie cinquante collaboratrices et collaborateurs. Depuis 2007, elle est dirigée par M. François Reinhard. Son conseil de fondation compte six membres, trois nommés par le Conseil fédéral et trois par le Conseil d’Etat. Cette année, M. François Longchamp, président du Conseil d’Etat, préside la FIPOI, le vice-président étant l’ambassadeur Alexandre Fasel, représentant permanent de la Suisse auprès de l’Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève.

La FIPOI a célébré son 50e anniversaire le 20 novembre dernier.

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