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Rentrée scolaire 2016

 
Photo Cellence
 
Mardi 23 août, à l’ECG Henry-Dunant, le département de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP) a tenu sa traditionnelle conférence de presse de rentrée scolaire. Devant les partenaires sociaux et les journalistes, la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta a présenté les grandes lignes de l’année scolaire à venir. A cette occasion, elle a tenu à remercier les collaboratrices et les collaborateurs du DIP pour l’organisation d’une rentrée délicate: «Le travail a été intensif pour garantir l’accès de toutes et tous à une éducation de qualité, et les collaboratrices et collaborateurs du DIP ont déployé d’importants efforts pour assurer l’accueil de tous les élèves dans un système sous tension.»

L’organisation de la rentrée a en effet nécessité un engagement conséquent. Les conditions-cadres ont pu être garanties, mais au prix de réallocations internes, d’une réorganisation des formations continues hors temps d’enseignement et d’une efficience maximum au cycle d’orientation, selon les recommandations de la Cour des comptes. Cela a nécessité, néanmoins, une augmentation significative des déplacements non volontaires d’élèves au cycle d’orientation.

Malgré cela, le DIP a su déployer d’importants moyens pour assurer l’accueil des élèves migrants dont le nombre – en raison de l’actualité internationale – a connu un fort accroissement depuis une année. En 2015-2016, le DIP avait ouvert des classes et des cours dédiés dans les trois degrés d’enseignement et augmenté le pool asile du service de protection des mineurs. En 2016-2017, cet engagement va se poursuivre grâce aux mesures suivantes, notamment: nouveaux dispositifs pour répondre aux besoins d’élèves peu scolarisés ou ayant eu un parcours scolaire perturbé; mise sur pied d’une équipe pluridisciplinaire (psychologue, infirmier, médecin référent) chargée, au secondaire II, de s’occuper spécifiquement des élèves migrants et de leurs difficultés propres; ouverture de modalités d’accueil scolaire dès le mois de mars. «Nous savons», rappelle la conseillère d’Etat, «que 85% des requérants mineurs non accompagnés vont rester: ils ne sont pas de passage et il est de notre responsabilité de veiller au respect de leur droit à la formation.»

Mme Anne Emery-Torracinta, conseillère d'Etat chargée du département de l'instruction publique, de la culture et du sport, lors de la conférence de presse du 23 août 2016 à l'ECG Henry-Dunant.
Photo M. Di Matteo

Faute de budget voté, le développement de l’école inclusive se poursuit, mais à un rythme moins soutenu que prévu. Néanmoins, grâce à des réallocations, près de dix postes supplémentaires de soutien sont accordés à l’école primaire et une dizaine de nouveaux postes sont affectés à l’intégration des élèves à besoins particuliers. Cinquante-quatre nouvelles places ont en outre été ouvertes dans les classes intégrées du primaire et du cycle d’orientation.

Par ailleurs, la lutte contre le décrochage scolaire reste une priorité du département. Les indicateurs montrent une évolution positive de la situation, mais le département reste concerné par la situation des quelques centaines de jeunes qui décrochent chaque année. De plus, la valorisation de la formation professionnelle va être renforcée par de nouvelles actions: nouveaux CFC, mesures d’encouragement au choix de la filière professionnelle à destination des élèves, allégement des démarches administratives pour les entreprises formatrices, augmentation des places d’apprentissage à l’Etat. Enfin, les travaux liés à la réorganisation des bâtiments scolaires ont été réalisés dans les délais prévus et l’ensemble du personnel de la Seymaz a été replacé dans d’autres établissements.

Département de l’instruction publique,
de la culture et du sport



LES CHIFFRES-CLÉS DE LA RENTRÉE
La rentrée 2016 verra près de 74 000 élèves reprendre le chemin de l’école (primaire: 34 116; cycle d’orientation: 13 271; secondaire II: 24 539; spécialisé: 1863). Les effectifs augmentent au primaire (+325), au cycle d’orientation (+144) et au secondaire II (+487). Ils sont en augmentation dans l’enseignement spécialisé (+58), de jeunes adultes devant rester dans les institutions pour mineurs faute de places en suffisance dans le secteur adulte. Ces élèves seront encadrés par un peu plus de 6800 enseignant-e-s. Pour répondre aux besoins nouveaux et pour compenser des départs, 352 nouveaux enseignant-e-s ont été engagé-e-s (primaire: 100; cycle d’orientation: 80; secondaire II: 143; spécialisé: 29).


UNE BROCHURE RAPPELANT LES PRINCIPES DE LA LAÏCITÉ À L'ÉCOLE
Dans un contexte où la place de la religion dans la vie sociale soulève les passions, le DIP a décidé, comme l’a expliqué la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta, de «clarifier les principes de la laïcité inscrits dans la loi afin de lever d’éventuelles hésitations et de conforter les collaborateurs dans leurs décisions.» A cette fin, le DIP a élaboré une brochure de référence, illustrée par Zep et réalisée graphiquement par l’Atelier Schnegg+, qui est distribuée pour la rentrée à ses près de 10 000 collaboratrices et collaborateurs.

La brochure La laïcité à l'école a fait l'objet d'une présentation aux médias le 19 août dernier. Imprimée à 12 000 exemplaires, elle est distribuée à toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs du DIP à l'occasion de la rentrée scolaire.
Illustrations ZEP, realisation graphique atelier Schnegg+

Ce document, intitulé La laïcité à l’école, vise trois buts. Clarté: rappeler les principes et les règles qui fondent le respect de la laïcité à l’école. Fermeté: souligner que ces règles sont applicables à tous et ne sont pas négociables. Dialogue: réaffirmer qu’en cas de problème, il s’agit d’amener l’élève et/ou sa famille à changer de posture, le but de l’école étant d’éduquer, pas d’exclure. La brochure commence par rappeler que la laïcité, comprise comme la neutralité religieuse de l’Etat, est un instrument au service de trois objectifs fondamentaux: l’égalité devant la loi et le refus des discriminations; l’autonomie personnelle et la liberté de conscience et de croyance; la paix civile et religieuse ainsi que la cohésion sociale. Elle est en outre garantie par l’article 3 de la constitution genevoise et prévue à l’article 11 de la loi sur l’instruction publique.

La brochure La laïcité à l'école a fait l'objet d'une présentation aux médias le 19 août dernier. Imprimée à 12 000 exemplaires, elle est distribuée à toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs du DIP à l'occasion de la rentrée scolaire.
Illustrations ZEP, realisation graphique atelier Schnegg+

La brochure détaille les principes qui gouvernent une pratique établie, pour l’essentiel, depuis une vingtaine d’années: interdiction des signes religieux ostensibles pour les enseignants et les collaborateurs en contact avec les élèves, mais tolérance en la matière pour ces derniers; obligation de suivre l’ensemble des enseignements prescrits dans les plans d’études et de participer à toutes les activités scolaires qui leur sont liées (spectacles, sorties, visites, etc.), ce qui implique une non-entrée en matière sur des demandes de dispense de cours; encadrement des congés pour fêtes religieuses; enseignement du fait religieux fondé sur une approche neutre et rigoureuse, privilégiant l’analyse et la raison; égalité hommes-femmes; pas d’autorisation des salles de prière dans les écoles. Le document présente également les bases légales et réglementaires pertinentes, tout en retraçant, si nécessaire, quelques évolutions récentes de la jurisprudence fédérale ou européenne.

Loin des controverses du moment, le DIP entend par cette publication contribuer à l’apaisement des esprits. Comme le souligne en effet Anne Emery-Torracinta: «Le respect d’une laïcité bien comprise dans le cadre scolaire est le meilleur garant d’un vivre-ensemble harmonieux dans une société qui doit apprendre à pratiquer sa multiculturalité sans occulter ses racines.»

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