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Politique criminelle commune 2016-2018

 

Photo Service de presse police
 

Politique de lutte contre la criminalité 2016-2018
De l’évolution à la consolidation


Le procureur général et le conseil d’Etat ont signé, mercredi 14 septembre dernier, la troisième convention de politique commune en matière de lutte contre la criminalité pour la période 2016-2018. Elle vient consolider les deux premières éditions en ajustant et précisant des axes d’intervention.

Tous les acteurs ont désormais bien intégré le principe et la nécessité d’une politique criminelle commune. Unissant dans une même démarche – et surtout une même volonté – M. Olivier Jornot, procureur général, et M. Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé du département de la sécurité et de l’économie (DSE), la politique criminelle commune s’inscrit dans un contexte plus large, qui associe tant les communes que les corps constitués (à l’instar de la police cantonale, mais aussi les agents de la police municipale et les agents de détention), et la Conférence latine des chefs des départements de justice et police.

Le procureur général l’a rappelé: «Si la police est subordonnée hiérarchiquement au Conseil d’Etat, par l’intermédiaire du chef du département, elle répond exclusivement aux instructions du Ministère public aussitôt qu’elle est active dans le domaine judiciaire, soit lorsqu’elle recherche l’auteur d’une infraction. Ce double référentiel impose à l’autorité politique et au Ministère public de s’accorder sur les priorités assignées à l’action policière: c’est la politique criminelle commune.»

Le bilan, sans concession, de la deuxième édition a permis de mettre en avant les réalisations, les avancées concrètement apportées au dispositif policier, mais aussi de repérer les opérations encore à développer en matière de lutte contre la criminalité.

Lors de la présentation, la commandante de la police a commenté l’augmentation très nette de la présence visible de la police ainsi que les contrôles préventifs à large échelle (envers les possesseurs d’armes comme à l’encontre des tenanciers d’établissements), qui ont entraîné notamment une diminution des violences et des agressions. Elle a relevé la très bonne collaboration entre les services dans la lutte contre les stupéfiants ou encore mis en exergue la baisse de 38% des cambriolages entre 2011 et 2015. Les efforts portés par les forces de l’ordre permettent ainsi de retrouver le seuil de 2008. Si la lutte contre les cambriolages reste une activité dominante pour la police, il n’est plus nécessaire de la renforcer et elle quitte donc le statut d’axe qui prévalait jusqu’ici.

Elle se voit remplacée par un axe orienté sur la sécurité de la mobilité, qui s’est imposé suite au constat d’une augmentation substantielle des accidents de la circulation avec des dommages corporels (+38% depuis 2011). Un axe qui a toute sa place dans cette nouvelle politique criminelle commune, comme le précise le conseiller d’Etat Pierre Maudet: «Ce nouvel axe correspond à l’émergence au sein de la police, et à la faveur de la nouvelle loi sur la police, d’une unité spécifiquement dévolue au domaine de la route, la police routière. Cela va nous permettre de mettre l’accent sur la prévention, en concertation avec le département de l’environnement, des transports et de l’agriculture, et pas seulement sur la répression. Ce troisième axe participe de cette volonté présente dès le départ de pacifier le domaine public.»


(De gauche à droite) MM. Olivier Jornot, procureur général, et Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé du département de la sécurité et de l’économie, entourés de leurs huissiers respectifs, le 14 septembre dernier à l’Hôtel de Ville.
Photo M. Di Matteo

Mais tous les axes n’ont pas connu le même succès, comme l’a reconnu le procureur général Olivier Jornot: «L’axe consacré à la délinquance financière est le fruit du constat d’un succès insuffisant dans l’application des axes consacrés à la criminalité économique. Pourtant, la volonté conjointe du Conseil d’Etat et du Ministère public demeure bien réelle de maintenir la longueur d’avance des autorités genevoises en matière de lutte contre la délinquance financière.» Il a donc été décidé de reformuler plus clairement cet axe en annonçant le développement d’un pôle d’excellence dans ce domaine. «C’est un axe nouveau et ambitieux», prévient le procureur général. «Il s’agit de regagner de la compétence et de l’efficacité afin de détecter les phénomènes et de posséder une capacité d’enquête approfondie.» Un pôle qui concernera autant le blanchiment d’argent que les cas de corruption, le crime organisé, mais aussi le trafic d’œuvres d’art ou encore la fraude dans les faillites.

L’axe consacré à la cybercriminalité a également fait l’objet d’une attention particulière, car lui aussi réclame des compétences pointues dans un monde en perpétuelle évolution. Une voie que le canton ne peut négliger, comme le précise Pierre Maudet: «Genève doit jouer un rôle de leader en matière de cybersécurité. C’est un domaine dans lequel on peut s’affranchir des frontières cantonales afin de mettre en commun et mutualiser les ressources et les connaissances.»

Pour conclure, le procureur général et le conseil d’Etat ont souligné que les axes retenus dans cette troisième édition illustrent leur détermination à s’en prendre à toute forme d’exploitation des vulnérabilités présentes dans notre société. En leur qualité d’élus, ils ont pour devoir d’apporter des réponses fortes et précises aux préoccupations des citoyens.

Conseil d’Etat de la République et canton de Genève
et
Pouvoir judiciaire


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La convention compte sept axes de politique de lutte contre la criminalité pour la période 2016-2018:

•  Lutte contre les violences
•  Sécurité de l’espace public
•  Sécurité de la mobilité
•  Lutte contre la délinquance financière
•  Lutte contre la traite des êtres humains, la migration illégale et le travail au noir
•  Lutte contre la cybercriminalité
•  Lutte contre les comportements agressifs visant les policiers et autres agents publics dans l’exercice de leurs fonctions

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